Les poupées de fécondité africaines (Ghana, Cameroun, Burkina-Faso)


magie01_13    Les poupées de fécondité africaines (Ghana, Cameroun, Burkina-Faso)

À la fois sacrées et profanes, les poupées sont confiées aux jeunes filles par leurs mères comme jouets et comme accessoires symboliques en vue de leur futur mariage et de leur grossesse.

Non seulement la fillette peut imiter sa mère et jouer ce rôle, mais la société l’encourage à adopter la poupée comme son « enfant ». Ce mot, qui se substitue à « poupée » (que l’on associe au matériau de confection : enfant-calebasse, enfant de bois), montre bien la spécificité de cet objet confié aux filles et qui ne sera pas le « simple » jouet de la culture occidentale.

En effet en prenant soin d’elle, en la caressant, en lui offrant des parures, en lui donnant à manger, elle concentre sur la poupée la force symbolique qui l’aidera dans sa future grossesse et fait l’apprentissage de sa future vie de mère. La fillette sera donc surveillée par son entourage féminin : ne pas prendre soin de sa poupée c’est nuire à soi-même et à ses futurs enfants.

Ces poupées expriment toujours la beauté et incarnent l’idéal féminin : parvenu en âge de procréer, la femme porte sur elle la poupée et se garantit, en contemplant ses traits parfaits, d’obtenir un beau bébé. Puis à son tour devenue mère, elle confiera sa « poupée enfant » à sa fille aînée afin que cette dernière poursuive le cycle.

 

Poupee   L’Akuaba, 
poupée de l’ethnie ashanti (Ghana)

Bien que possédant des variantes (traits du visage, forme précise de la tête, etc.), l’aspect général de l’akuaba varie peu. La poupée représente un personnage au corps à peine esquissé les membres supérieurs en croix décollés d’un corps cylindrique néanmoins pourvu de seins et très souvent de nombril, deux signes physiques de fécondité. Un visage stylisé est sculpté sur une tête en forme de disque. Des scarifications sont effectuées derrière cette dernière et permettent de bien différencier les figures.

 

Poupee-1   Poupée de l’ethnie fanti (Ghana)

Dénuée de bras et de jambes, la poupée fanti se différencie de l’akuaba des Ashanti (peuple voisin et cousin des Fanti) par un code formel volontairement différencié. Du corps cylindrique se détache la figuration d’une poitrine féminine ainsi qu’un resserrement de la partie inférieure matérialisant la taille. Le cou très marqué supporte une tête rectangulaire et plate. Le visage (nez, arcades sourcilières, yeux, mâchoire inférieure) est très peu marqué. Certains exemplaires n’ont pas de visage mais il est possible que l’usure ait effacé leurs traits.